La Mine de Potosi, Bolivie

Culminant à plus de 4000 mètres, le mont Potosi « el Cerro Rico » est riche d’Histoire.

Plus grand gisement d’argent de l’histoire de l’humanité, il fut exploité pendant 3 siècles par les conquistadors espagnols. « Un filon si extraordinaire qu’il aurait suffi à paver une route à deux voies entre Potosi et Madrid ». Entre 1545 et 1802, on y extrait environ 40 000 tonnes de minerai.

 La ville de Potosi est alors née, aux constructions coloniales imposantes, aux églises où se dressaient des autels en argents massif, on disait même que les chevaux étaient ferrés d’argent… une ville très riche qui, au 17 et 18ème était la plus grande ville et la capitale culturelle et religieuse du continent Américain, aujourd’hui classée au patrimoine mondiale de l’UNESCO.

Mais le gisement s’est épuisé, et les espagnols s’en sont allés.

Si l’Espagne et toute l’Europe en générale ont assis leur grandeur en grande partie grâce à l’argent de cette montagne rouge, ce n’est pas le cas de la région. Potosi a prospéré, mais à quel prix ? Des millions d’indiens morts car enrôlés de force pour travailler dans les mines, le contrôle du peuple indigène par la force à qui les espagnols imposent leurs propres lois, culture et religion. Aucun indigène ne peut occuper un poste au gouvernement, même celui qui naît de parents espagnols ne peut accéder à un poste important.

La ville survécut grâce à l’exploitation de l’étain que les conquistadors avaient dédaigné. Mais aujourd’hui, l’étain n’a presque plus de valeur et Potosi n’est plus qu’une fascinante relique.

 Pourtant, l’exploitation de la mine continue.

Quand les dernières compagnies minières ont mis la clef sous la porte, le coût de l’extraction de l’étain à Potosi dépassant de deux fois celui du court mondial, l’État a laissé le choix aux mineurs de rester sans travail, ou de s’organiser en coopératives privées. Beaucoup ont alors choisi de continuer à travailler dans ces conditions. Des groupes de mineurs se sont formés, continuant à extraire de l’étain, du zinc, et parfois encore un peu d’argent. Ils vendent ensuite leur récolte à des entreprises privées. Celles-ci analysent la qualité de l’échantillon et payent selon les cours internationaux en dollars. Environ 30 % des gains est reversé à la coopérative.

 Et les méthodes n’ont pas changées, c’est à coups d’explosifs et de pioches qu’ils attaquent la terre, transportant la roche à la brouette jusqu’à des chariots montés sur rails tirés ou poussés à la force des bras, dans une atmosphère étouffante de chaleur, d’humidité et de fine poussières à haute teneur en silice…

 

Photographies

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